ATTAQUE DE MARSEILLE – Border Line

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Officiellement l’homme de 35 ans qui a tué à Marseille est classé dans la catégorie « psy ». Une manière commode ne pas mettre le feu à la poudrière phocéenne. Mais l’ombre du terrorisme est bien là. Omniprésente.

 

Le verdict est tombé par la voix du Procureur de la République de Marseille. Xavier Tarabeux estime que cette attaque – qui aura fait un mort et un blessé grave – ne relève pas (pour l’heure) d’un acte terroriste, mais du geste fou d’un homme  par ailleurs suivi dans une clinique du secteur d’Allauch pour troubles psychiatriques. Les experts évoquent un « processus psychotique ».

Ces paroles sont sensées apaiser des marseillais passablement inquiets de voir cette cité phocéenne basculer dans l’enfer d’un djihad urbain incontrôlable. Les faits sont là, têtus.  L’arrestation de Nemmouche le tueur de Bruxelles par des douaniers près de la gare Saint-Charles, le complot terroriste déjoué durant la campagne lors du meeting de François Fillon, Marseille est bien une plaque tournante de l’EI et des autres organisations terroristes.  Comment s’en étonner quand on sait que la ville compte pas moins de 400.000 musulmans (ils n’étaient que 43000 au début des années 70…) de plus en plus perméables à l’islamisme radical, comme en témoignent la prolifération de foulards, burqas et autres niqabs dans les rues de la ville.

L’attaque du lundi 21 août n’entrerait donc pas, si l’on en croit la justice dans le cadre d’une attaque terroriste, mais d’un phénomène « d’imitation » ( dixit le ministre de l’intérieur Gérard Collomb) qui a poussé le suspect âgé de 35 ans à parodier en quelque sorte le scénario de Barcelone. Comme quoi la frontière entre psychiatrie et « terro » est ténue.

De nombreuses questions demeurent pourtant en suspens. Elles donnent une connotation « très Djihad » à cette folle matinée de lundi qui a pétrifié les marseillais sous l’épaisse chaleur d’août. Rappelons qu’il s’en est fallu d’un cheveu que le fourgon ne provoque un véritable carnage sur le Vieux-Port….

Questions donc  : depuis combien de temps ce « malade » en provenance de la région de Grenoble était-il admis dans cette clinique d’Allauch ? Dans quelle circonstances le fourgon Renault est-il dérobé  à Marseille deux jours avant les faits place Castellane ? Pourquoi un tel délai ( 45 minutes ) entre l’attaque des deux abribus alors qu’il faut à peine 15 minutes pour faire la jonction Val Plan – la Valentine à cette période de l’année ? Comment un tel sens de l’organisation et de la préparation est-il compatible avec l’état d’une personne censée souffrir d’une déstructuration mentale ? Le suspect était sorti de prison le 17 mai. S’est-il radicalisé en détention ?

Les proches de Marianne Tall souhaiteraient  avoir les réponses à toutes ces interrogations d’autant que le conducteur présente par ailleurs le CV idéal du terroriste : casier, port d’armes, trafic de drogue etc…

Lundi à 9 heures Marianne, cette mère de famille de 42 ans est sortie du restaurant KFC de la Valentine pour se poster dans l’abribus de l’avenue des Peintres  Roux. Marianne  – prénom décidément bien symbolique   – n’aura vu que la calandre d’un Renault Master suivi de mille débris de verre, puis le choc.  Et sans doute le plus effrayant, le regard rempli de haine de ce fou…. d’Allah.

 

 

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